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BIGAILLE ET LE CONFESSIONNAL

 
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MessagePosté le: Ven 27 Déc - 15:01 (2013)    Sujet du message: BIGAILLE ET LE CONFESSIONNAL Répondre en citant

 


BIGAILLE ET LE CONFESSIONNAL 

Vivre en Provence, ah, quel bonheur ! Le soleil, un climat tempéré à longueur d’année, enfin presque... Je dois être un peu chauvin et amoureux. C’est vrai ça aussi, mais on ne se refait pas ! C’est une bonne idée ce hamac de fortune sous « la platane » comme aimait à dire un bon ami qui côtoie les étoiles maintenant.  
 « Allez, venez ! Dimanche on se fait l’aïoli sous la platane. Que de bons moments et de fabuleux souvenirs fleurissent ma mémoire ! Repose en paix, mon ami. 
C'est Gaétan qui m’a dit un jour : 
 
 « Hé, Pitchoun ! Fais-toi une couchette de marin et, en été, quand la terre est trop basse, que le ciel est trop chaud et que le bon Dieu nous interdit de travailler, tu te mets là. Le nez dans le feuillage, des petits bouts de soleil qui filtrent, les cigales qui te bercent, te voilà parti pour un voyage où tu n’auras pas besoin de passeport, petit ! Tè, ne fais rien du tout, tiens ! Je m’en occuperai, je dois avoir ça dans ma cabane ». 
Deux jours après, il m’installait le hamac sous les arbres de mon petit parc.  
 
Sacré Gaétan ! 
 
Depuis qu’il ne bourlingue plus, il s’occupe : « Je tue le temps avant que le temps ne me tue » s’amuse-t-il à dire. 
Il a fait trente-six métiers, trente-six misères. Ce dont il nous parle le plus, c’est de la navigation. Vingt-ans sur la mer. Souvent, le soir, devant l’unique bar du village, chez Joseph, il se laisse aller à quelques confidences.  
 
Parfois aussi, c’est tellement surprenant que nous avons du mal à y croire, il nous parle avec moins de passion de son travail à la forge du village, mais cela ne manque pas de piment quand même. Il a des anecdotes plein les soufflets... 
 
 — Hé, Loule ! Hé, Loule ! tu dors ? cria ma mère. 
 
 —Vouais maman, je dors ! 
 
 —Alors, réveille-toi vite ! Tu as de la visite. Gaétan veut te voir parce que ses plants de salade ressemblent à des chiffes molles et ses poireaux ont les oreilles qui se croisent comme les lapins quand ils ont la maximatose… 
 
 — J’ai compris maman ! Tu veux dire la myxomatose... Viens Gaétan ! Maman, donne-lui le plateau avec le pastaga, c’est six heures déjà. 
 
 — Je ne te dérange pas au moins ?  me demanda Gaëtan en souriant. 
 
 — Tu ne me déranges jamais Gaétan, jamais ! Tè, assieds-toi ! 
 
 — Alors, ce hamac, il tient le coup ? Ça, c’est de la bonne camelote. Ouais ! Je viens te voir, continua-t-il, car une partie de mon potager bat de l’aile. Je suis descendu ce matin dans le bas du pré et, bizarrement les salades et les poireaux ont triste mine. 
 
 — Quand as tu arrosé la dernière fois ? 
 
 — Ben j’ai arrosé heu… il y a deux jours, mais il...  il a plu... voyons, avant-hier dans la nuit donc ça fait... 
 
 — Non Gaétan, c’est la semaine dernière qu’il a plu dans la nuit. Si tu restes quatre jours sans arroser, sûr que les salades elles n’aiment pas ça du tout... On va aller les voir de plus près tout à l’heure. Mais avant de subir le même sort que ces malheureuses salades et ces pauvres poireaux, on va se rincer la gargamelle Gaétan. 
 
  — Maman ! 
 
 — J’arrive, les enfants !
 
 
  Ma mère n’avait pas voulu donner le plateau pour plusieurs bonnes raisons. Pensez si je la connais ! D’abord, c’était lui supprimer en partie son rôle de maîtresse de maison, puis ensuite, la priver d’un grand plaisir, celui de passer un moment avec nous, manière de se sortir de la cuisine tout en se régalant à boire son petit verre de Suze. 
 
Elle arriva en trottinant, heureuse de présenter tout simplement sur un plateau du plaisir. 
 
Les verres, avec un tel matelas de pastaga que tu te demandes si ce n’est pas un yaourt, puis le carafon en terre avec l’eau fraîche qui dégouline sur les parois, sont comme une invite. Les coupelles avec les cigales noires et jaunes venant de chez Toinou le potier étaient pleines d’olives brillantes. Un petit pot contenait de l’ail cru. 
 
Mais ce n’était pas tout ! Maman repartit vers la cuisine et revint avec de la tapenade et des tranchettes de pain. 
 
La petite table en pierre de Cassis que mon pauvre père avait installée s’avérait presque trop petite. 
 
 — On sait recevoir ici ! souligna Gaétan en regardant ma mère. 
 
 — L’hospitalité chez nous, en Provence, c’est sacré ! Il ne faut pas grand-chose pour avoir l’essentiel et quand tu as l’essentiel tu peux remercier le ciel… dit ma mère en pointant le doigt vers les feuillages. Allez ! À la vôtre, bonne santé et comme dit le capelan : « Que Dieu nous protège ! ». 
 
Gaétan appréciait ces moments. C’était un bon vivant qui aimait bien manger, bien boire, ce qui ne l’empêchait pas de rester attentif à tous les mouvements de la vie. 
 
 — Ha, ha, ha ! Le capelan ! Ça me rappelle, en entendant le capelan, un souvenir… Vous connaissiez le vieux Bigaille ? De la tour des nèfles au croisement du chemin des lacs ? nous demanda Gaétan. 
 
 — Oui, mais il est mort ? dis-je. 
 
 — Oui, le pauvre. Il venait parfois à la forge, souvent en hiver, car il se chauffait en même temps. Il me tenait compagnie un moment, puis il partait voir Toinou et terminait au bar. Je l’aimais bien : c’était un farceur, naïf. Il me faisait rire avec ses histoires.   
 
C’était environ cinq ans avant qu’il ne disparaisse. 
 
Un jour, il arrive un peu essoufflé, visiblement inquiet et, contrairement aux fois précédentes, il ne se plaça pas face au foyer, mais derrière. 
 
Nous étions avec André, le charron des Caillols en train de cercler une roue de charrette. 
 
 — Hé Bigaille, tu te planques ?  lui demanda André. 
 
 — Non Dédé ! En me mettant ici, je prends moins la chaleur sur le visage et… 
 
 — Où est-ce qu’il est ce malotru, ce galapiat ? Si je l’agante, ce papet « vicious », il va passer un mauvais quart d’heure !  
 
Une voix tonitruante s’éleva sur la place. Avec André nous avançâmes à l’entrée de la forge.  
 
La « Félicienne », la marchande de coquillages, se dirigea vers nous et nous fait un clin d’œil. Elle avait aperçu Bigaille disparaître dans la forge. 
 
Nous rentrâmes dans le jeu… 
 
— Qu’est-ce qui se passe, Félicienne ? Vous avez la grosse colère ! 
 
 — Vous n’avez pas vu le vieux Bigaille ? 
 
 — Heu… non, Félicienne, pourquoi ? 
 
 — Ce vieux vicieux a profité que j’avais le nez dans le sac de jute qui se trouvait au sol pour laisser traîner ses mains crochues et baladeuses sur mon sacro-saint tafanari et, en plus il devait croire qu’il y avait de l’or : c’était comme si deux arapèdes se fixaient. 
 
 — Boudie ! Il est devenu malade ce vieux grigou ! dis-je en souriant tout en sachant que Bigaille ne pouvait pas nous voir. 
 
 — Malade ? Il y a longtemps qu’il est malade ! C’est un incurable mes pauvres amis ! Il n’en est pas à sa première tentative ce cochon… Demandez à Rigoberte la pharmacienne quand elle montait sur l’escabeau pour attraper l’infusion à base de vieilles racines de réglisse, qu’il voulait ! Eh bien, il passa à l’action et hop la pauvre Rigoberte se retrouva le cul parterre et lui  s’en alla en riant.
 
 
 — Incroyable ! dit ma mère. Le vieux Bigaille, un coureur de jupons ! J’ en reviens pas… 
 
 — Ce n’était pas méchant, reprit Gaétan. Il faisait ça pour se marrer ! À part la Rigoberte qui n’était pas contente d’être tombée de l’escabeau, les autres, et surtout la Félicienne, prenaient ça à la rigolade. Mais là, le pauvre Bigaille n’était pas tranquille, il avait peur. 
 
 — Si je l’agante cette vieille baudruche, je lui coupe le bicouli pour le mettre dans la gueule d’un gros mérou, et j’attendrai qu’il aille à confesse. Si vous le voyez vous pourrez lui dire, il ne perd rien pour attendre. 
 
La voix grave et l’intonation persuasive, presque gutturale de Félicienne, nous donnaient des frissons. Nous imaginions le pauvre Bigaille planqué derrière le soufflet. 
 
Avant de partir, Félicienne nous fit un nouveau clin d’œil et disparut. 
 
Liquéfié, qu’il était ce pauvre Bigaille… 
 
 — Oh p…, là je crois que ça va mal finir, elle va me tuer ! 
 
 — Pauvre Bigaille tu es mal barré ! ajouta André 
 
 — J’ai entendu le bicouli dans la gueule d’un mérou mais j’ai pas compris la suite, elle a parlé des fesses ? 
 
 — Non, Bigaille ! Elle attendra que tu ailles à confesse. 
 
 — Que j’aille à confesse ? Et après ? 
 
 — Eh bien, tu te confesses et tu es pardonné de tous tes péchés, lui dis-je. 
 
 — Tu vas à l’église, tu entres dans le confessionnal et tu racontes au capelan qui est derrière, renchérit André. 
 
 — Et je suis sauvé ? 
 
 — Tu es pardonné : une faute avouée au capelan est une faute pardonnée. Mais dis-moi Bigaille, tu t’es régalé avec le tafanari de Félicienne ? 
 
Il faisait rouler ses yeux dans les orbites en riant 
 
 — C’est pas de la gnognote, les amis ! Puis revenant rapidement sérieux, il ajouta : 
 
 « J’aurais su, je ne l’aurais pas fait !  Z’ avez vu la colère qu’elle a ? » 
 
 — Eh bien, tu n’as qu’à te confesser ! Le capelan et Félicienne te pardonneront et ce sera fini, proposa André, qui semblait avoir une idée derrière la tête. 
 
 — Vous… vous croyez ? 
 
 — Tiens pardi ! C’est sûr ! Tu n’as pas entendu ? Félicienne l’a dit tout à l’heure ! 
 
 — Voui, voui ! Bigaille demeura pensif… 
 
 — Si tu veux, avec Gaétan, on s’occupe de tout. On voit le capelan et ensuite on calmera la Félicienne en lui disant tout ce que tu as fait pour te faire pardonner. Elle sera contente de ton repenti et toi tu seras tranquille. Attention ! Faudra pas recommencer, eh ? 
 
 — P… ça ne risque pas, elle pourra ramasser ses moules dans le sac tranquillou, la Félicienne ! Merci, les amis, merci pour tout. 
 
 — On te tiendra au courant, Bigaille. Allez, ne t’inquiète pas, lui dit André qui pensait aux deux roues de charrette qu’il nous restait à faire. 
 
À moitié rassuré, Bigaille partit en faisant très attention pour ne pas croiser le chemin de la Félicienne . 
 
Les roues de charrettes terminées, avec André, nous échafaudâmes un plan pour le vieux. 
 
C’était simple : notre projet, marrant, devait se mettre en place dès le lendemain. 
 
La Félicienne fut informée. Elle trouvait cette idée très drôle et languissait le lendemain promettant de travailler son rôle. 
 
Bigaille était content que tout aille si vite : cela abrégeait le cache-cache qu’il s’imposait pour ne pas rencontrer Félicienne. 
 
Le lendemain, André et moi étions devant l’église quand Bigaille, qui s’était mis sur son trente-et-un, chapeau rond, bien rasé, un petit nœud papillon posé sur une chemise blanche, se présenta. 
 
 — Tu es beau Bigaille, tu as bien fait et… 
 
 — Vouais tant qu’à faire, faut le faire bien ! Et puis le capelan sera un peu influencé de me voir beau et ça me fera des points en plus… 
 
 — Le capelan ? Il est déjà en méditation dans le confessionnal. Ce ne sont pas des choses faciles, ça Bigaille ! Laver une âme de ses péchés ! Il te verra à la fin quand vous sortirez tous les deux du confessionnal. 
 
 — Ah bon. N’oubliez pas de raconter tout ça à la Félicienne, eh ! 
 
Ils arrivèrent cérémonieusement devant le confessionnal et André lui indiqua le côté gauche dans lequel il devait pénétrer. 
 
 — Merci les amis, j’y vais, chuchota-t-il. Et il disparut dans la sombre cabine. 
 
 — Assieds-toi mon fils et découvre-toi, tu es en présence du Seigneur ! lui dit une voix douce et grave. 
 
 — Oui, merci, monsieur le curé… heu… Monseigneur… 
 
 — Mon père suffira, mon fils ! 
 
 — Oui, mon père ! 
 
 — Je t’écoute mon fils, lave ton âme… 
 
 — Ben, voilà, Monsieur le Curé, heu, mon père ! L’autre matin, je me promenais dans la grand-rue quand j’ai aperçu sans le vouloir Mme Torpielle qui bouléguait ses moules dans le sac de jute… 
 
 — Mon fils ! Mme Torpielle c’est celle que l’on appelle Félicienne l’imposante marchande de coquillages ? 
 
 — Oui mon… père, c’est ça. Alors, pour de rire, il m’est venu une idée. Pour rire simplement, de lui faire peur et de poser mes mains sur… sur le bas de son dos et… 
 
 — Mon fils tu veux dire poser tes mains sur son tafanari ? 
 
 — Heu non… heu oui. Mais juste pour rire et… lui faire peur mon… mon père ! 
 
 — Mon fils, en deux mots tu as voulu la « chasper » pour rire ? 
 
 — Heu oui, mon… heu non. Vouais, mon père. Mais je ne le ferai plus c’est promis ! 
 
 — Entre nous mon fils, sous le secret de la confession, comment est-il ? 
 
 — Qui ça mon père ? 
 
 — Ben, le tafanari de la Félicienne ! 
 
 — Heu… ça été très vite monsieur le curé, j’ai juste posé les… Ferme, mon père, ferme et bien rebondi comme, comme tous les tafanaris de chez nous, en Provence… 
 
 
 — Qui vous a raconté tout ça ? demanda ma mère qui était pliée de rire, le curé ? 
 
Gaétan souriait, mais ne répondit pas et il continua. 
 
 — Donc, mon fils, ce n’est pas le seul cul, heu, tafanari que tu palpes, que tu touches ? 
 — Vous savez ce que c’est mon père, comme on dit « vaï pour un, vaï pour deux » ! 
 
 — Comment ça  « Je sais ce que c’est » ? Mon fils ! 
 
 — Pardonnez-moi, mon père, ce n’est pas ce que je voulais dire ! C’est pour rire, je ne le ferai plus je vous jure mon curé, heu mon père ! 
 
 — Pas de blasphème mon fils ! On ne jure pas dans la maison de Dieu. Vous venez d’avouer et de vous confesser. Nous allons prier en silence pour que votre âme soit blanchie et que vous retrouviez la fraîcheur de votre baptême et de votre enfance. En fait, ce n’est pas bien grave. Il ne faudra surtout pas recommencer. C’est la seule faute que tu dois confesser mon fils ? 
 
 — Oui… heu… n… oui mon père ! 
 
 — Et la pharmacienne mon fils, la pharmacienne Rigoberte ? 
 
 — Vous savez ça aussi mon père ? 
 
 — Dieu voit tout, il sait tout mon fils, retiens-le bien… 
 
 — Là c’était pas pareil mon père, elle est tombée… 
 
 — Je sais, mon fils de l’escabeau… 
 
 « Pressons là-dedans, dit la voix extérieure d’André, vla le Père de Bono qui se ramène… » 
 
 — Sortons vite, mon fils ! 
 
 Les rideaux s’ouvrirent, Bigaille se trouva nez à nez avec Félicienne qui riait. Il fit un pas de recul, apeuré. Elle l’entraîna vers la sortie. Sur le parvis, ils rencontrèrent le Père de Bono qui salua le quatuor. Le père fut heureux de voir des brebis égarées revenir au bercail. 
 
 — Soyez les bienvenus dans la maison de Dieu ! Vous devrez, pour être acceptés de nouveau, vous laver de tous vos péchés en passant un de ces jours à confesse. Et… 
 
 — C’est fait Monseigneur, heu, mon père ! Mais c’était pas vous dans… commença Bigaille. 
 
 — Nous y penserons, Monsieur le Curé, nous y penserons ! dit Félicienne de sa voix grave, en entraînant Bigaille. 
 
 — Braves petits, murmura le père de Bono en pénétrant dans l’église. 
 
 — Félicienne vous m’avez pardonné ? demanda Bigaille l’air suppliant. 
 
 — Oui, mais ne t’amuse pas à raconter que mon tafanari est dur et ferme comme un coing vert. Par contre j’accepte qu’il soit rebondi comme les beaux tafanaris de Provence. 
 
 — Oui, Félicienne, oui ! Je… 
 
Nous éclatâmes tous les trois de rire. Le pauvre Bigaille mesurait à peine l’ampleur de la farce, mais il était soulagé. Il était tellement heureux qu’il nous offrit à boire « chez Pascalou » le bar de la place. 


 
Quand il revenait à la forge il nous disait : « Vous m’avez bien eu et j’ai bien marché ! La Félicienne, elle parlait comme un vrai curé »  
 
 — Paix à son âme, qu’il repose en paix, murmura ma mère. 
 — Parfois, je le voyais avec Félicienne derrière l’étal. Il lui donnait un coup de main à s’installer, alors que je ne connaissais pas cette anecdote. Je comprends mieux maintenant ! dis-je. 
 
 — Tu étais jeune, encore mon petit ! ajouta ma mère. Merci, Gaétan, pour cette histoire rigolote, tu as du talent pour raconter. Elle se leva.  « Gaétan, tu soupes avec nous  ?  
 
 — Il ne faut pas abuser quand même, non…  
 
 — Je vous conseille d’aller voir les poireaux qui ont la maximatose et quand vous reviendrez, une bonne soupe au pistou faite hier, vous attendra. Allez les enfants ! Ouste ! 
 
 — Maman ! La myxo… Allez, viens Gaétan ! Allons voir tes pauvres légumes… 
 
Si vous passez un jour par le Brusquet, ce petit village perché en haut du vallon des sources, arrêtez-vous « chez Pascalou ». Vous pourriez y rencontrer la Félicienne qui compte sa recette sous les yeux amusés de Gaétan. Et si vous avez un peu de chance, les deux lascars vont se remémorer une fameuse histoire de confessionnal. Et puis, vous pourrez voir le fameux tafanari… Par contre, pas touche…Bigaille, de là-haut, vous surveille.  
 
 
 
 
 
 
  
 
 
 
  
 
 
 
  
 
 
 
  
 
 
 
  
 
 
 
  
 
 
 
  
 
 
 
       
         


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MICHEL ISARD


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MessagePosté le: Mer 20 Jan - 15:29 (2016)    Sujet du message: BIGAILLE ET LE CONFESSIONNAL Répondre en citant

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